Dépannage à domicile en Ile-de-France : enquête sur des arnaques qui peuvent coûter cher

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Serrure bloque , porte claquée, vitre brisée… Autant de mésaventures qui peuvent conduire à tomber sur des artisans peu scrupuleux. Un phénomène en progression en Ile-de-France.

L’urgence peut être mauvaise conseillère. « Si vous avez chez vous un de ces prospectus qui reprend les codes des documents officiels, vous êtes foutus, avance un bénévole de l’UFC-Que choisir. Vous avez beau savoir que ce sont des arnaques vous appellerez un de ces numéros. Avec de l’eau plein la salle de bains, on ne réfléchit pas de la même façon. Dès qu’on reçoit ce genre de prospectus, il faut le jeter directement à la poubelle… »

Des plaintes en forte hausse

En ligne de mire : les dépanneurs (ou prétendu tels) en vitrier, plomberie… qui profitent de la détresse de leurs clients dans l’urgence pour facturer des interventions anodines à prix d’or. « Le phénomène est loin d’être marginal, particulièrement en île de France  », précise Gilles Ruaud, responsable de la direction départementale de la protection des populations (DDPP). Son service a enregistré plus de 1600 plaintes l’an dernier (contre un millier l’année précédente).

« En moyenne les factures atteignent 2900 € par dossier. Pour une ouverture simple de porte ou une canalisation bouchée, ça fait cher », note-t-on à la DDPP où l’on souligne que les arnaqueurs aux dépannages misent sur une politique publicitaire particulièrement agressive.

Ces documents bleu blanc rouge, il faut à tout prix s’en méfier », insiste aussi Eric Guerquin, de l’UFC-Que choisir Nord-Ouest Seine-et-Marne. Selon une source interne à la répression des fraudes, « plusieurs familles se partagent l’Ile-de-France pour distribuer ces tracts » qui pour paraître officiels donnent les numéros des pompiers ou de la police… « Vous ne trouverez jamais deux tracts différents dans la même boîte à lettres. La région est bien découpée, comme un gâteau », poursuit cet interlocuteur. Un bénévole de l’UFC l’assure : « C’est un système très organisé. Presque mafieux ».

Des escrocs très mobiles

A la répression des fraudes, on avoue une certaine impuissance : « Lorsqu’un plombier est dans le viseur de la DDPP, il change de département. Le gérant change aussi, tout comme le nom de l’entreprise. Il prend un homme de paille pour apparaître et le tour est joué. »

Plusieurs indices peuvent néanmoins alerter le consommateur quant au sérieux du dépanneur, notamment le capital social de l’entreprise. L’exemple avec une société signalée, installée aux Lilas (Seine-Saint-Denis), qui présente un capital de 1000 €. : « C’est le minimum pour pouvoir s’enregistrer, explique l’UFC-Que choisir. C’est un premier élément qui montre que c’est louche. Il faut aussi vérifier que les sociétés ont pignon sur rue. C’est une vraie difficulté. Nous nous retrouvons souvent face à des boîtes à lettres. »

Les personnes âgées prises pour cible

« Nous avons régulièrement des plaintes de consommateurs après des interventions. Cela va parfois jusqu’à l’abus de faiblesse .

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